Projets conjoints

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Projets conjoints

Le CEN est heureux d’appuyer financièrement trois de ses équipes de co-chercheurs et co-chercheuses à travers ces trois initiatives de projets conjoints qui contribueront à créer des synergies au sein de notre centre. Ces trois projets conjoints seront financés pour les années financières 2023 et 2024. Félicitations à ces trois équipes dynamiques!

1. Un incendie forestier dans la vallée de la Koroc en Bas-Arctique? Conséquences écologiques d'un évènement rare

Équipe de recherche :
Alexandre Roy (chercheur principal, UQTR), Esther Lévesque (UQTR), Dominique Arseneault (UQAR), Vincent Maire (UQTR) et José Gérin-Lajoie (UQTR)

Collaborateurs et collaboratrices :
Marc Amyot (UdeM , GRIL), Olivier Trudel (Parcs Nunavik, ARK) et Isabeau Pratte (Parcs Nunavik, ARK)

Résumé du projet :
Les régions nordiques sont particulièrement sensibles aux perturbations des écosystèmes liées aux changements climatiques. Certaines perturbations affectant notamment la végétation, telles que les feux de forêts, sont rares dans ces régions se trouvant à la limite de la zone arborée, mais pourraient augmenter en fréquence et en ampleur dans le futur. Le 8 juin 2022, le Parc National Kuururjuaq a été le lieu d'un incendie qui s'est déclenché dans la vallée de la rivière Koroc; une vallée caractérisée par la forêt boréale dominée par l'épinette noire qui régresse vers un domaine de toundra arbustive et herbacée en haut des pentes. Des entrevues effectuées auprès des membres de la communauté peu après le feu, ont démontré une forte préoccupation face à ce phénomène qui demeure un événement sans précédent à l'échelle de la mémoire de la communauté. Le projet comprenant plusieurs volets, vise notamment à documenter les conditions pouvant expliquer cette perturbation naturelle sans précédent pour la localité, à documenter l'état du brûlis et le comparer à la forêt intacte avoisinante, à suivre la régénération végétale du brûlis dans le temps, ainsi qu'à évaluer certains impacts fauniques, particulièrement celui sur les poissons en lien avec le mercure. Ce projet propose d'utiliser ce rare évènement naturel afin d'en apprendre davantage, tant sur la dynamique écosystémique nordique en plein changement, que sur certains impacts que pourrait avoir cet évènement sur les Inuit de Kangiqsualujjuaq.

2. Impacts des arbustes sur l’épaisseur et le régime thermique du manteau nival dans la toundra arctique

Équipe de recherche :
Christophe Kinnard (chercheur principal, UQTR), Florent Dominé (UL) et Vincent Houde (UQTR)

Collaboratrice :
Esther Lévesque (UQTR)

Résumé :
Le réchauffement climatique entraine une augmentation du couvert et de la taille des arbustes dans l'Arctique, phénomène connu sous le nom d'arbustation de l'Arctique. Les arbustes modifient les interactions entre l'atmosphère et le pergélisol de plusieurs manières, notamment en hiver en interceptant la neige soufflée par le vent. L'accumulation préférentielle de neige autour des arbustes favorise l'isolation du pergélisol et donc son réchauffement, ce qui peut accélérer la décomposition microbienne et le relâchement de gaz à effets de serre du sol vers l'atmosphère. D'autre part, des études récentes ont aussi montré que les branches des arbustes peuvent évacuer la chaleur du sol en hiver et ainsi contrebalancer l'effet isolant du manteau neigeux. Très peu de mesures spatialisées ont été recueilles pour examiner les interactions entre les arbustes et le manteau neigeux dans la toundra. Ce projet vise à pallier ce manque de connaissance en cartographiant avec des drones l'épaisseur et la température du couvert nival, ainsi que la distribution et la structure des arbustes dans les zones arbustive de la toundra sur l'Île Bylot au Nunavut. Ces mesures seront couplées à des suivis de température du manteau neigeux dans et hors des arbustes, pour examiner l'impact des arbustes sur la température de la neige et du pergélisol sous-jacent. Les résultats permettront de montrer si, et comment, la distribution spatiale du couvert nival est affectée par la taille, la structure et la répartition des arbustes dans le paysage, et si un effet réchauffant ou refroidissant est détecté.

3. Analyse de nanoparticules et recherche de marqueurs de l'Anthropocène dans des archives biologiques du Haut-Arctique

Équipe de recherche :
Julien Gigault (chercheur principal, UL), Pierre Legagneux (UL), Gilles Gauthier (UL) et Marie Le Bagousse (UL)

Collaborateurs et collaboratrices :
Mélanie Lemire (UL), Catherine-Alexandra Gagnon (UQAR) et Dominique Fauteux (Musée canadien de la nature)

Résumé :
L’impact anthropique sur les écosystèmes s’emballe depuis les 20 dernières années avec des effets nettement plus marqués dans les zones polaires que partout ailleurs sur la planète. En 2020, nous sommes arrivés au point où les matériaux que nous produisons dépassent désormais toute la biomasse crée sur Terre par l’ensemble des organismes vivants. Ce flux de matériaux atteint déjà les écosystèmes arctiques directement par le transport maritime mais surtout indirectement via les courants atmosphériques et océanographiques. Parmi ces matériaux anthropiques, une fraction de taille, les nanoparticules, a largement été ignorée alors qu’elle pourrait pourtant causer des dommages bien plus importants que leurs congénères micrométriques ou millimétriques. En effet, du fait de leur toute petite taille, leur grande diffusivité et grande surface spécifique, même à l’état d’ultra-trace, ces particules nanométriques sont très réactives avec le biota. Elles sont susceptibles d’être transportées sur de longues distances et d’augmenter la biodisponibilité d’une large gamme de contaminants au sein des organismes. Nous proposons d’explorer et documenter la présence de nanoparticules et de contaminants associés au sein des écosystèmes arctiques en profitant d’archives biologiques (végétation, plumes et œufs d’oiseaux) pour lesquelles nous avons de longues séries temporelles. Les résultats obtenus seront comparés aux informations disponibles sur les principaux changements environnementaux des 150 dernières années et nous permettront de mesurer l’arrivée de ces particules dans le haut-Arctique.

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