Zachary Lefebvre
Étudiant.e à la maîtrise
Département de géographie
Université Laval
zalef1@ulaval.ca
Pascale Roy-Léveillée (Membre régulier.ère (co-chercheur.euse))
Le Parc national des Grands Jardins est une aire protégée située au sein de la réserve de la biosphère de Charlevoix Le patrimoine naturel exceptionnel caractérisé par des plateaux alpins, la forêt boréale et les milieux humides sont des écosystèmes soumis à diverses pressions notamment anthropiques. Le patrimoine naturel du parc inclut des cuvettes de gel, un environnement tapissé de lichen ou peu de jours d'été ne sont pas frappés par le gel. Ces environnements sont parfois caractérisés par une abondance de thufurs, un type de sol périglaciaire en forme de monticule créant un motif répété. Ces formes sont observées dans une variété d'environnements nordiques, mais leur genèse et leur sensibilité est encore peu comprise d’où l’importance de les étudier dans ce secteur naturel riche afin d’en assurer la juste mise en valeur et protection.
Le but de cette recherche est d’expliquer la genèse et son contexte des thufurs du Parc des grands jardins. Spécifiquement, elle vise à (i) déterminer la distribution spatiale des champs de thufurs en relation aux dépôts de surface, à la topographie et la végétation. (ii) élucider les conditions de genèse et l'historique d'activité des thufurs; et (iii) déterminer la sensibilité de thufurs et leur potentiel de régénération.
Le parc est situé dans le territoire non organisé de Lac-Pikauba, au sein de la région de la Capitale Nationale. Les thufurs se retrouvent dans les cuvettes de gel où les masses d'air locales et les conditions écologiques des pessières à lichen augmentent la probabilité de la formation de masses d'air froides durant les nuits d'été (Dy & Payette, 2007). Cinq champs de thufurs seront sélectionnés comme sites à l’étude en concertation avec la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) afin d’éviter d’impacter les zones sensibles et d’inclure les sites d’intérêt particulier.
Une fois la distribution des champs de thufur déterminée à l'aide de photographies aériennes, les conditions topographiques, géomorphologiques, et hydrologiques communes seront déterminées à l'aide d'analyses spatiales dans ArcGIS. À 5 sites déterminés, les températures de l'air et du sol seront mesurées et les caractéristiques (hauteur, largeur, nombre) des thufurs seront déterminées. À chacun des sites, ce sont cinq thufurs qui seront échantillonnés en leur centre à l'aide d'un carottier Oakfield pour caractériser la granulométrie des sédiments et établir la présence ou non de sédiments fins. Si les conditions le permettent, un thufur sera coupé par site pour établir si des signes d'involution sont présents dans les sédiments. De la matière organique sera prélevée à l'interface entre le sédiment minéral et la couche organique pour dater la stabilisation de la surface minérale.
Dy & Payette (2007). Frost hollows of the boreal forest as extreme environments for black spruce tree growth. Canadian Journal of Forest Research. 37(2): 492-504. https://doi.org/10.1139/X06-235
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