Véronique Dion Larivière
Étudiant.e à la maîtrise
Département de biologie, chimie et géographie
Université du Québec à Rimouski
DIOV0016@UQAR.ca
Dominique Berteaux (Membre régulier.ère (co-chercheur.euse))
La compréhension de l’utilisation de routes récurrentes par les animaux à l’intérieur de leur domaine vital, ainsi que des facteurs influençant leurs emplacements, demeure limitée1. Cette compréhension pourrait cependant orienter l’établissement de normes facilitant la protection des corridors fauniques aux intersections des zones habitées par la faune et de nos infrastructures humaines2. Les mouvements récurrents des prédateurs pourraient aussi influencer la distribution spatiale du risque prédation, une variable importante en écologie animale3. Grâce aux récents progrès de l’électronique, le suivi quasi-continu des mouvements animaux via la télémétrie à haut débit offre une opportunité précieuse pour une meilleure compréhension de la manière dont les animaux utilisent l’espace1, y compris leurs mouvements récurrents le long de routes de déplacement à l’intérieur du domaine vital4.
Mon premier objectif est de déterminer quelle est la meilleure méthode nous permettant de détecter la présence de mouvements récurrents. Ensuite, je vais tenter de décrire les routes de déplacement dans les territoires de renards arctiques. Finalement, l’objectif final de mon projet est de comprendre la répartition spatiale de ces routes de déplacement.
L’aire d’étude, située au sud-ouest de l’île Bylot (73°08′N, 80°00′O) dans le Parc national Sirmilik, se trouve au nord de l’île Baffin, au Nunavut. Couvrant environ 600 km2, elle abrite le renard arctique, le principal prédateur terrestre de l’île, qui exerce une forte prédation sur plus de 35 espèces d’oiseaux migrateurs nichant pendant l’été, ainsi que sur les lemmings résidant dans le même habitat. Caractérisée par des plateaux mésiques couvrant 90% du territoire, l’aire d’étude est bordée par la mer au sud-ouest et des montagnes au nord-est. Les altitudes des plateaux sont généralement en dessous de 350 mètres. Des glaciers alimentent de grandes rivières d’eau vive et des lacs, entrecoupant l’aire d’étude. Quelques vallées aux pentes abruptes découpent également l’aire d’étude5
Un total de 53 renards arctiques ont été équipés de collier GPS au cours des étés 2018, 2019 et 2023. Les renards ont été capturés à l’aide de cages ou pièges à patte caoutchoutés. Ces animaux ont été suivis en juin et juillet principalement, les données de mouvement étant téléchargées à distance au moyen de stations communiquant avec les colliers par ondes à ultra-haute fréquence (UHF). Les données récoltées comprennent une localisation GPS toutes les quatre minutes. En 2024, il est prévu de déployer 20 colliers GPS supplémentaires afin de compléter le jeu de données.
1.Alavi, S. E. et al. A Quantitative Framework for Identifying Patterns of Route-Use in Animal Movement Data. Front. Ecol. Evol. 9, (2022). 2. Allen, A. M. & Singh, N. J. Linking Movement Ecology with Wildlife Management and Conservation. Front. Ecol. Evol. 3, (2016). 3.Clermont, J. et al. The predator activity landscape predicts the anti-predator behavior and distribution of prey in a tundra community. Ecosphere 12, e03858 (2021). 4.Berger-Tal, O.
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