Profil

Juliane Fisette
Étudiant.e à la maîtrise
Département de biologie, chimie et géographie
Université du Québec à Rimouski
fisj00052@uqar.ca

Supervision par :

Luc Sirois (Collaborateur.trice)

Co-supervision par :

Guillaume de Lafontaine (Membre régulier.ère (co-chercheur.euse))

Description du projet de recherche

Distribution et dynamique de la flore particulière du massif gaspésien
Introduction

Le massif gaspésien est l’une des principales régions montagneuses et constitue un point chaud de diversité floristique. La richesse de sa flore en espèces végétales arctiques-alpines, endémiques et cordillériennes demeure une énigme. Fernald (1925) a proposé que cette flore ait persisté dans un refuge biologique lors du dernier épisode glaciaire. Bien que cette théorie ait été réfutée, des données indiquent que la déglaciation a procédé d’ouest en est dans le massif, rendant disponibles dans l’ouest des avant-postes de colonisation végétale. Quelques travaux ont documenté la flore particulière du territoire, mais notre compréhension demeure approximative. Ainsi, comme le parc National de la Gaspésie y fut créé en 1937, plusieurs infrastructures y ont été aménagées et pourraient agir comme voies de dispersion pour des plantes exotiques naturalisées. C’est pourquoi la compréhension de la répartition de la flore particulière s’impose comme outil pour l'amenagement futur du parc.

Objectifs

L’objectif de mon projet est d’évaluer la relation entre les facteurs historiques (i. e. le patron de déglaciation), géologiques et environnementaux (topographie, altitude, écosystèmes) pour expliquer la répartition de la flore particulière du massif gaspésien. Une étude comparative des trois secteurs géologiques du massif (les Chic-Chocs à l’ouest, les McGerrigle à l’est ainsi que le Mont Albert au centre) sera electuée.

Sites d'études

Le projet couvre le territoire du Parc national de la Gaspésie (PNG), la partie de la réserve faunique des Chic-Chocs située au sud du PNG, ainsi que de la partie de la réserve faunique de Matane incluse dans le batholithe des Chic-Chocs. Il est séparé en trois secteurs géologiques : les Chic-Chocs à l’ouest, les McGerrigle à l’est et le Mont Albert au centre. La région est caractérisée par des sommets pouvant atteindre jusqu’à 1268 m. Le relief du territoire permet le développement d’habitats particuliers, tel l’archipel d’aires toundriques qui occupe les sommets. Le climat de la Haute-Gaspésie est continental humide avec des été frais et courts. La température est affectée par l’altitude (-1 °C/100 m), mais des vents catabatiques entraînent des températures plus froides dans certaines vallées. La proximité de la mer influence également le climat en tamponnant les extrêmes de température,en dégageant une grande quantité d’humidité qui se transforme en d'importantes précipitations.

Matériel et méthodes

Des travaux paléophytogéographiques ont permis la datation des premiers macrorestes végétaux lacustres ou terricoles postglaciaires accumulés dans des lacs de la région (Richard et al., 1997). Cela permettra de tester l’existence du gradient de déglaciation suggéré. Des habitats propices aux espèces de la flore particulière (appartenant à 5 types : tourbières d’altitude, escarpements, combes à neige, sommets alpins et prairies subalpines) ont été inventoriés. Les occurrences des taxa de la flore particulière documentés dans la littérature ont été ajoutées à la banque de données. L’ensemble de ces occurrences floristiques seront superposées à des variables géologiques et environnementales grâce à des systèmes d’information géographique (SIG), ainsi qu’à l’âge des sédiments du lac le plus proche. Il sera ainsi possible d’analyser les répartitions des espèces selon des facteurs géologiques, environnementaux et historiques grâce à des modèles mixtes.

Résultats attendus

Si les âges des sédiments lacustres confirment une progression d’ouest en est de la déglaciation, la théorie de biogéographie insulaire (MacArthur et Wilson, 1967) prédit une richesse spécifique et un taux d’accumulation de la diversité supérieurs dans l’ouest par rapport à l’est du massif. Toutefois, un elet confondant pourrait être associé aux principales unités géologiques du territoire: le Chainon métasédimentaire des Chic-Chocs (ouest), le massif serpentineux du Mont-Albert (centre) et le batholite des McGerrigle (est). En elet, la diversité pourrait aussi être influencée par les conditions édaphiques plus favorables dans les Chic-Chocs que dans les McGerrigle, alors qu’un fort taux d’endémisme est attendu dans l’habitat serpentineux (Rahbek et al., 2019 ; Sirois et Grandtner, 1992). Enfin, l’aire de l’étage alpin supérieur plus étendue dans les McGerrigle pourrait expliquer une plus forte diversité dans ce secteur.

Coordonnées des sites de recherche

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