Gabrielle Brochu
Étudiant.e à la maîtrise
Département de biologie
Université Laval
gabrielle.brochu.5@ulaval.ca
Les comportements anti-prédateurs sont des réponses innées ou acquises qui permettent aux proies de minimiser le risque de capture, de détection ou de rencontre avec des prédateurs. Ces réponses peuvent être altérées dans des cas d’habituation à la présence humaine ou d’isolement des pressions naturelles. Depuis l’hiver 2022, le gouvernement du Québec a recours à la garde en captivité pour permettre la protection et l’accroissement de la population de caribous forestiers de Charlevoix (Rangifer tarandus). La garde en captivité semble toutefois conduire à une habituation des caribous envers l'humain, modifiant potentiellement leurs réponses comportementales face à leur principal prédateur, le loup (Canis lupus).
Mon projet vise à documenter les effets de la garde en captivité sur les comportements anti-prédateurs des caribous forestiers de Charlevoix. Les objectifs spécifiques sont de déterminer quels comportements anti-prédateurs ont été conservés par les caribous en captivité, de déterminer quels signaux associés aux prédateurs sont les plus propices d’enclencher des comportements anti-prédateurs chez les caribous et d’évaluer le potentiel d’utilisation de ces signaux en vue d'un futur entraînement avant leur relâchement en nature.
Cette étude est réalisée à l’enclos permanent abritant l’entièreté de la population de caribous de Charlevoix située dans le parc national des Grands-Jardins, Québec, Canada. L’enclos a une surface totale de 19 hectares et est divisée en quatre sous-enclos. Chacun des sous-enclos contient également une aire d'alimentation de 0,15 hectare.
Pour répondre à mes objectifs, j’ai testé à l’été 2024 l'effet de quatre signaux de loups (vocalisations, urine, modèle taxidermisé et chien de berger entraîné) sur le budget d'activités, la distance d’initiation de la fuite et le temps de retour des caribous au site suivant l’exposition à l’un des signaux. J’ai également testé simultanément l’effet de signaux similaires d’espèces non prédatrices sur un groupe témoin. Chaque groupe était composé de 15 individus qui ont été soumis à 4 ou 5 répétitions de chaque traitement. En parallèle, j’ai documenté la réponse physiologique des caribous à l’aide de l’analyse des hormones de stress contenues dans des fèces récoltées avant et après les différents traitements. En analysant les réponses comportementales et physiologiques des caribous aux traitements estivaux, je déterminerai quels sont les plus efficaces pour enclencher des comportements anti-prédateurs et je les répéterai de manière aléatoire au cours du mois de février 2025.
Gouvernement du Québec. (2021). Revue de littérature sur les facteurs impliqués dans le déclin des populations de caribous forestiers au Québec et de caribous montagnards de la Gaspésie. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Québec. 282 p. Blumstein, D. T. et Daniel, J. C. (2005). The loss of anti-predator behaviour following isolation on islands. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 272, 1663-1668. Geffroy, B., Samia, D. S. M., Bessa, E. et Blumstein, D. T. (2015). How nature-based tourism might increase prey vulnerability to predators. Trends in Ecology & Evolution, 30, 755-765
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