Clara Paquin
Étudiant.e à la maîtrise
Département de biologie, chimie et géographie
Université du Québec à Rimouski
clara.paquin@uqar.ca
Francis Gauthier (Membre associé.e)
Guillaume de Lafontaine (Membre régulier.ère (co-chercheur.euse))
Les parois rocheuses peuvent être considérées comme des écosystèmes insulaires étant donné leur isolement dans le paysage et leur structure verticale. Ce sont donc des refuges pour des espèces bien adaptées aux stress abiotiques causés par les conditions particulières et les caractéristiques propres à la paroi, comme le type de roche, la microtopographie, l’orientation, etc. L’influence maritime sur les falaises côtières ajoute une contrainte sur les espèces présentes dans ces environnements. La richesse spécifique et l’abondance relative des espèces présentes sur les parois rocheuses dépendent de plusieurs variables géomorphologiques. Ces éléments sont également essentiels à la pratique de l’escalade, un sport de plus en plus populaire dans le monde. Il s’agit de la principale perturbation anthropique susceptible d’altérer les processus naturels qui déterminent les patrons de biodiversité végétale en paroi rocheuse.
Les objectifs du projet sont de (1) documenter la diversité et la répartition spatiale des espèces floristiques sur les parois rocheuses, (2) évaluer les effets de l’escalade sur la diversité et la répartition spatiale des communautés végétales et (3) développer un modèle statistique pour extraire les zones plus propices à l’escalade en évitant les zones critiques de biodiversité végétale. Le développement d’un outil d’aide à l’aménagement des voies d’escalade extérieures sera possible par l’entremise de ce projet. Cet outil permettra de faire une sélection des tracés les plus susceptibles d’être intéressant pour l’escalade, tout en conservant une biodiversité représentative des falaises côtières de calcaire du Québec.
Les parois rocheuses à l’étude se situent à l’extérieur de la limite est du parc national du Bic au Bas-Saint-Laurent, dans l’est du Québec. Les parois forment un escarpement rocheux d’environ 80 mètres de hauteur et de deux kilomètres de longueur le long du littoral de l’estuaire du Saint-Laurent et peuvent donc être considérées comme des falaises côtières. Ces dernières sont composées de grès et de conglomérat de calcaire. L’orientation est en direction du nord et la pente est relativement verticale.
Afin de répondre aux objectifs du projet, des photographies aériennes à haute résolution seront utilisées afin d’extraire différentes caractéristiques du couvert végétal, dont les stades phénologiques, sur des cellules d’analyse d’un mètre par un mètre. Une caractérisation plus approfondie de la couverture végétale se fera sur des quadrats de végétation d’un mètre par un mètre. Ainsi, le pourcentage de couverture (abondance), la richesse spécifique et l’équitabilité pourront être extraits dans un logiciel de traitement des données. La pente moyenne, maximale et minimale, la rugosité des parois, la densité, les types d’éléments topographiques et microtopographiques et le drainage sont également des éléments des falaises qui seront caractérisés par les modèles numériques de terrain.
L’escalade des parois rocheuses doit probablement causer des perturbations anthropiques sur les communautés végétales de ces environnements. De plus, les voies avec un achalandage plus important et celles avec une pente et des éléments microtopographiques plus proéminents devraient avoir des effets plus visibles que celles dont la difficulté est plus élevée.
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