Profil

Christophe Dea
Étudiant(e) à la maîtrise
Département de phytologie
Université Laval
christophe.dea.1@ulaval.ca

Supervision par :

Mélina Guêné-Nanchen (Membre régulier(-ère) (cochercheur[-euse]))

Description du projet de recherche

Impacts de la méthode de récolte de l’acrotelme sur la décomposition du catotelme
Introduction

Les méthodes d’extraction conventionnelle de la tourbe tel que l’extraction par aspiration en tourbière nécessitent le retrait de la végétation, le drainage et le séchage de la tourbe, ce qui transforme un milieu de puits en une source importante de carbone à l’atmosphère. C’est pourquoi la compagnie Premier Tech développe la méthode de récolte de l’acrotelme qui ne requiert ni le retrait de la végétation ni le drainage de la tourbière. Cette approche consiste à soulever le couvert végétal et à récolter 10 à 15 cm de fibres de sphaignes peu décomposées du mésotelme à l’aide d’une machinerie spécialisée, permettant de replacer le couvert végétal par la suite. Cette méthode vise une récolte cyclique et renouvelable. Cependant, les impacts de la méthode de récolte de l’acrotelme ne sont pas connus au niveau du carbone enfoui dans le catotelme.


Objectifs

L’objectif de ce projet de recherche est d’étudier l’impact de la méthode de récolte de l’acrotelme sur la décomposition du catotelme à l’aide de sacs à décomposition et de flux de carbone. 


Sites d'études

Ce projet de recherche a lieu à la tourbière de Pointe-Lebel, dans le comté de Manicouagan, sur la Côte-Nord du Québec, Canada. Il s’agit d’un bog dominé par des communautés de platières de sphaignes de Sphagnum rubellum et Sphagnum fuscum, avec une très faible présence d’arbres, ce qui en fait un site idéal pour la méthode de récolte de l’acrotelme. Annuellement, les données météorologiques indiquent une température moyenne de 2.1 °C et une précipitation moyenne de 966 mm, dont environ 288 mm tombent sous forme de neige et 678 mm sous forme de pluie.


Matériel et méthodes

Des sacs à décomposition ont été installés en mai 2023 à deux profondeurs dans le sol, dans un secteur témoin non récolté et dans un secteur récolté en 2022. Une première série de sacs à décomposition a été retirée en mai 2025, puis une deuxième en octobre 2025, correspondant à deux et trois saisons de croissance d’incubation respectivement. Le traitement de ces sacs à décomposition permet de déterminer le pourcentage de masse sèche perdue au fil du temps.

L’évaluation des émissions de méthane et de dioxyde de carbone a été réalisée à l’aide de la méthode de la chambre close, avec un analyseur de gaz à effet de serre portatif. Neuf séries de flux de méthane et sept séries de flux de dioxyde de carbone ont été effectuées à l’été 2025 dans six secteurs correspondant aux années de récolte de 2021, 2022, 2023 et 2024, ainsi que dans deux témoins non récoltés dont l’un est relativement sec et l’autre humide. Des blocs de tourbe ont été découpé à 20 cm et à 30 cm dans le sol pour les secteurs récoltés et non récoltés respectivement afin d’isoler les émissions du catotelme.


Résultats attendus

Il est attendu que la méthode de récolte de l’acrotelme augmente la décomposition du catotelme en raison d’une augmentation de la température du sol issue du retrait d’une partie de la couche de tourbe isolante. En effet, il est attendu que l’augmentation de la température du sol se distribue plus rapidement en profondeur à la suite de la récolte favorisant les processus microbiens comparativement au témoin qui possède une couche d’acrotelme plus épaisse. Cela se traduirait par un taux de décomposition plus élevé pour le secteur récolté, ainsi qu’une augmentation des émissions de carbone sous forme de méthane et de dioxyde de carbone.


Références


© 2026 Centre d'études nordiques - Tous droits réservés