Profil

Chloé Giraud
Étudiant.e à la maîtrise
Département des sciences biologiques
Université du Québec à Montréal
giraud.chloe@courrier.uqam.ca

Supervision par :

Michelle Garneau (Membre associé.e)

Description du projet de recherche

Impacts de la construction de la route nationale 138 sur la dynamique du carbone des tourbières boréales de la Côte-Nord, Québec
Introduction

La prolongation de la route 138 entre Kegaska et Vieux-Fort sur la Côte-Nord fait partie des projets du ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec concernant le développement du Plan Nord. Une importante partie du territoire traversé par la future route est composée de tourbières et les impacts de ce développement sur ces écosystèmes restent méconnus. En effet, plusieurs études ont été réalisées sur les impacts des routes d’hiver, des lignes sismiques et d’autres routes de terre ou de gravier en tourbières, mais très peu se sont concentrées sur les routes pavées et permanentes. À ce jour, peu de recherches ont documenté les dynamiques d’accumulation de la tourbe et du carbone au fil du temps après la construction d’une route en territoire boréal.

Objectifs

Mon projet de maîtrise porte ainsi sur l’évaluation des impacts de la construction de la route 138 sur l’accumulation de la tourbe et la dynamique du carbone dans les tourbières boréales de la Côte-Nord. En utilisant une approche par chronoséquence et à l’aide d’analyses paléoécologiques de profils tourbeux, l’étude vise à reconstituer les successions végétales, les variations de la nappe phréatique et la physico-chimie de la tourbe à la suite de la construction de la route.

Sites d'études

Quatre tronçons de route (1991, 2005, 2011 et construction à venir) traversant des complexes tourbeux ombrotrophes ont été sélectionnés. Les tourbières retenues pour l’étude devaient rencontrer les critères suivants : 1) être des tourbières ombrotrophes situées entre Havre-Saint-Pierre et Unamen Shipu / La Romaine, 2) être traversées de part et d’autre par la route 138 en ayant une longueur minimale de 150 m de chaque côté de la route et 3) avoir un sens d’écoulement de l’eau perpendiculaire à la route.

Matériel et méthodes

Dans les quatre sites, des carottes de tourbe de 50 cm de longueur (n = 24) ont été extraites à 5, 25 et 100 m le long de deux transects perpendiculaires au tronçon routier, un en amont et un en aval de celui-ci, et équipés de piézomètres instrumentés. La végétation de surface, le niveau de la nappe phréatique, le pH de l’eau et la microtopographie ont été documentés. Des analyses par perte au feu sur l’ensemble des profils tourbeux seront réalisées, ainsi que des datations au 14C et 210Pb, l'étude des thécamoebiens et des macrofossiles végétaux et des analyses physico-chimiques.

Résultats attendus

Les analyses par perte au feu permettront de reconstituer dans le temps l’accumulation du carbone et les pics de poussières alors que les datations au 14C et 210Pb permettront de confirmer si ces apports de poussières correspondent aux différentes années de construction de la route. L’étude des thécamoebiens et de certains de leurs traits fonctionnels permettra de reconstituer les changements dans la nappe phréatique et dans les conditions environnementales. Enfin, des analyses physico-chimiques et des macrofossiles végétaux dans la tourbe seront réalisées afin de vérifier si, au fil du temps, la construction de la route a influencé la fonction de séquestration du carbone et les assemblages végétaux.

Coordonnées des sites de recherche

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