Alexandra Théroux
Étudiant.e à la maîtrise
Département de biologie, chimie et géographie
Université du Québec à Rimouski
thea0035@uqar.ca
Pascal Bernatchez (Membre régulier.ère (co-chercheur.euse))
Michelle Garneau (Membre associé.e)
La hausse du niveau de la mer représente l’une des plus importantes conséquences des changements climatiques à l’échelle du globe. . Les îles de la Madeleine forment un archipel situé au centre du golfe du Saint-Laurent qui enregistre des taux d’élévation du niveau marin relatif supérieurs à la moyenne mondiale. Ce phénomène constitue un enjeu environnemental de taille qui menace une population de plus de 12 000 habitants et des infrastructures côtières. L’archipel connaît également un régime de tempête particulièrement important en hiver dans un climat fortement influencé par l’omniprésence de vents. Contrairement aux marais continentaux, les marais maritimes des Îles-de-la-Madeleine présentent des taux d’accumulation sédimentaires faibles dû à l’absence d’apports sédimentaires terrigènes apportés par des cours d’eau. La région constitue donc un environnement pertinent pour évaluer les effets appréhendés de la hausse du niveau marin sur les écosystèmes côtiers.
L’objectif principal du projet est donc de documenter les réponses écogéomorphologiques des marais maritimes des îles de la Madeleine à la hausse relative du niveau de la mer au cours des derniers siècles. Les objectifs spécifiques visent à: 1-Reconstituer les paléoenvironnements; 2-Inventorier les indices écologiques et géomorphologiques des effets de la hausse du niveau de la mer et des tempêtes sur les marais; 3-Cartographier les trajectoires spatio-temporelles des marais et des écosystèmes côtiers de transition (tourbière, marécage arbustif et arborescent, forêt résineuse).
La documentation de la réponse écogéomorphologique des marais maritimes et des écosystèmes de transition des îles de la Madeleine se fera par l’entremise de 3 sites d’étude, soit: 1. « Bassin aux Huîtres » dans la lagune du même nom située sur l’île de la Grande-Entrée; 2. « Bassin » sur l’Île du Havre Aubert dans la lagune Le Bassin et; 3. «Sillons» sur l'Île de Havre aux maisons dans la lagune de la Grande Entrée. Ces sites sont représentatifs des marais maritimes retrouvés aux îles, soit des marais abrités de types organiques présentent un continuum d’écosystèmes typiques de l’archipel : marais maritime, marécage arbustif et/ou tourbière, marécage arborescent puis forêt résineuse. Les marais choisis présentent plusieurs évidences de submersion marine et des ajustements côtiers qui en découlent tels l’érosion du schorre inférieur et le dépérissement de la forêt bordière par l’intrusion d’eau marine et la hausse de la nappe phréatique.
La réponse écogéomorphologiques des marais maritimes à la hausse du niveau de la mer sera documentée par une approche spatio-temporelle intégrant deux techniques différentes, soit l’analyse verticale d’indicateurs paléoécologiques à partir de carottes et l’analyse surfacique par cartographie historique. Premièrement, des carottes sédimentaires extraites des trois marais à l'été 2022 seront analysées afin de reconstituer les conditions paléoenvironnementales côtières au cours des derniers siècles à l’aide d’indicateurs écologiques et sédimentologiques. Deuxièmement, une cartographie historique des trois marais milieux côtiers depuis les années 1960 à aujourd’hui permettra d’évaluer leur transformation récente avec la montée du niveau de la mer. Cette analyse sera complétée sur le terrain avec l’inventaire des indices écologiques et géomorphologiques des effets de la hausse du niveau de la mer et des tempêtes.
L’atteinte de ces objectifs permettra de dresser un portrait des ajustements écogéomorphologiques des marais maritimes et des écosystèmes côtiers de transition dans le contexte actuel de hausse du niveau marin. Ce portrait servira d’indicateur précurseur des modifications qui pourraient être attendues sur les côtes ailleurs dans le monde.
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